lundi 4 juillet 2011

Lèche-vitrine

« Chérie, ça va? », me demanda mon amoureux affolé lorsque je poussai la porte de l’appartement.

« Oui, pourquoi? Qu’est-ce qui se passe? », demandai-je intriguée.

« J’étais inquiet…Tu es parti il y a plus de deux heures pour aller chercher une baguette de pain au coin de la rue », me rappela-t-il, un peu plus calme.

Laissez-moi vous expliquer…ce n’était pas de ma faute.

À Paris, il suffit de mettre le pied à l’extérieur de votre appartement et vous voilà exposé à une quantité incalculable de boutiques, pâtisseries, chocolateries, épicerie fines et j’en passe. Et comment résister quand les vitrines sont aussi joliment présentées? Même si je n’étais pas du type dépensier, j’avais de la difficulté à ne pas entrer dans ces boutiques agréablement décorées… juste pour jeter un œil.

Paris foisonnait tellement de magasins qu’il était impossible de sortir de chez soi pour une simple balade sans les croiser par centaines. Dans les passages, les avenues, les boulevards et même dans le métro…vous trouverez toujours un comptoir, une boutique, un stand ou une personne pour vous vendre quelque chose. Tout juste dans ma rue, je défilais chaque jour devant une boutique de sac à main, une autre de chaussure, une galerie d’art, une librairie spécialisée, une pâtisserie, une boutique de vêtements pour enfants… et elle faisait à peine 100 mètres. Je n’avais donc pas à aller m’enfermer dans un centre d’achats bondé les samedis après-midi. Tout était toujours là, sur mon chemin.

Il était quand même risqué de sortir en plein jour pour aller faire quelques achats essentiels sans se laisser distraire. J’avais pourtant adopté depuis plusieurs mois les balades nocturnes ou dominicales, qui me permettaient de faire du lèche-vitrine en toute tranquillité, sans dépenser un sou. Mais voilà qu’en sortant cet après-midi-là, je n’avais pu résister aux petits macarons adorables qui étaient étalés dans la vitrine de la pâtisserie. Puis, en sortant, j’avais vu ces sandales; exactement le modèle que je cherchais depuis des lustres…que je n’avais pu m’empêcher d’aller essayer. Et enfin, en passant devant la librairie, je n’avais eu d’autres choix que de pousser la porte pour voir si le livre que j’attendais était enfin sorti.

Mon copain regarda mon unique petit sac renfermant les délicieux macarons.  

« Alors, elle est où la baguette? »

Oh…la baguette!

©Marilyn Préfontaine